« Serendipité » le nom m’amuse beaucoup comme ces petites « shops anglo-saxonnes », ou l’on est certain de trouver des idées inattendues.

Lorsqu’une poignée de personnes « en quête de… ou d’eux…», multi talents et motivés rencontrent un collectif de visionnaires courageux et confiants, cela donne un stage foisonnant.

Un groupe qui rassemble ses forces pour un projet commun, une transmission : créer une foret-comestible à but alimentaire et pédagogique mais aussi pour prendre soin de la Vie, avec son environnement et non pas contre, accorder une place essentielle à la beauté.

Suivre la nature et croître naturellement vers la forêt.

Me revient en mémoire le visage de ce photographe S.Salgado qui a passé sa vie à observer les hommes, leurs contradictions nombreuses, la maltraitance entre humains, les horreurs, qu’il a dénoncé une vie durant. Enfin épuisé par tant de misères, critiqué au cœur même de son travail, il a cru son temps terrestre terminé et a voulu fuir.

Mais une voix féminine, à ses cotés, forte et aimante a trouvé une autre façon d’aider cet homme à se relever tout en rendant dignité à toutes espèces. Au Brésil sur leur domaine familial au sol lessivé, ils ont replanté jour après jour avec ténacité plus de 700 hectares d’arbres !! L’institut créé propose aujourd’hui une sensibilisation à l’environnement et à l’éducation.

J’aime cette idée des mains dans la terre pour continuer, plants après plants, un à un alors que la nausée vous guette.

Cet acte de « semer la vie » fait sens.

Agir pour les générations futures, parce que l’acte de planter un arbre est un geste de paix et de renouveau, un geste d’espoir pour les enfants de l’Oasis, les élèves de l’école, les visiteurs…

En prenant exemple sur la foret-comestible Anglaise de Robert Hart, nous comprenons la pertinence de ce projet :

« Personne ne fertilise ou n’irrigue une forêt. La forêt est autonome. Si vous êtes capable de recréer une forêt nourricière alors votre principal effort sera d’en récolter les fruits. Grâce à cette méthode, l’effort est moindre. L’énergie à fournir est importante au départ, mais une fois le système établi, il n’en nécessite quasiment plus » Robert Hart

Des arbres offerts, d’autres achetés et enfin ceux qui sont déjà sur place seront plantés d’après le design final.

Alors nous voilà, les outils sur l’épaule, avec cette envie de faire. Chaque petit groupe creuse pour retirer délicatement l’arbrisseau, le palper, sentir ses racines, observer les nodules d’azote entrelacés, noter son nom, le nord, l’emporter avec délicatesse, tremper ses racines dans un pralin, le replanter de façon temporaire ou définitive à l’endroit choisi.

Il y a tant à apprendre encore et c’est vertigineux, passionnant : la chimie complexe du sol, sa fertilisation, la botanique, les associations diverses, l’eau, le climat, la vie en interaction. Les systèmes imbriqués les uns avec les autres donnent naissance à la biodiversité…

Antoine Talin, patient et pédagogue explique, répond aux nombreuses questions, dessine, reformule avec humilité.

Penser en amont le futur jardin est primordial pour sa réussite finale. Nous observons la topographie, le climat, les vents, les accès…

Puis vient l’étape des apprentissages avec la liste des arbres, arbustes et leurs caractéristiques.

Enfin le design ou conception d’un écosystème. Cette partie créative et conceptuelle sera le schéma du futur plan de dispositions des arbres à l’échelle en respectant les variétés, leurs besoins, leur taille adulte, leurs avantages et propriétés.

La semaine à l’Oasis fut riche d’enseignements techniques et humains. Des journées intenses pour se rencontrer, manger ensemble, chanter ensemble et se réchauffer près de la cheminée par des températures fraîches.

  • Merci à Antoine pour sa pédagogie dans la joie
  • A l’équipe de l’Oasis pour leur accueil et leur sérénité
  • A Thomas pour son travail de collecte et sa discrète présence
  • Aux participants et aux « familles d’accueil  de Crest »

Le champ des possibles est immense…

Isa Blanchetière

1 Commentaire
  1. […] Lire le témoignage d’Isa, participant au stage « Forêt Comestible » du 23 au 27 novembre 2015. […]

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