La permaculture, ou comment l’Homme devient acteur de la biodiversité

L’un des objectifs de la permaculture est d’améliorer – et pas seulement maintenir- l’équilibre et la santé des écosystèmes.

Qui dit amélioration dit intervention. En ce sens, la permaculture est un outil permettant d’agir au cœur d’un système pour qu’il devienne plus rapidement productif, résilient et sain. Il ne s’agit pas d’être simple spectateur de la Nature, mais bien de se positionner comme acteur à l’intérieur de celle-ci.

Finalement, cela revient à se poser cette question : comment satisfaire nos besoins sans que nous n’ayons besoin de détruire les écosystèmes dont nous dépendons ? En observant les phénomènes naturels, on s’aperçoit vite que l’arrivée d’éléments perturbateurs, la survenue de déséquilibres, sont inévitables ; la permanence n’existe pas. Certains éco-systèmes se sont même adaptés à la survenue de ces perturbations, et des espèces s’appuient sur ces crises qu’elles utilisent comme des “niches” pour se développer.

Une plante qui habite l’écosystème depuis des milliers d’années n’est donc pas plus indigène ou « naturelle » que celle qui vient juste d’arriver. On ne regarde pas depuis quand une plante elle est là, mais plutôt : quel est donc son rôle? Quelles sont ses interactions avec les autres éléments? Travailler depuis cette perspective implique de reconnaître que tous les êtres du système sont vivants et en connexion, et qu’un écosystème est un complexe assemblage de relations et de synergies.

En tant qu’humains, nous sommes invités à nous adapter et répondre aux défis émergents : changement climatique, toxicité environnementale, déclin de la biodiversité, entre autres… Une manière d’envisager positivement l’avenir qui nous attend est de développer notre “résilience”, c’est à dire notre capacité à nous adapter à de nouvelles conditions d’existence.

L’humain comme facilitateur et accélérateur

La permaculture fournit des outils qui permettent de répondre aux défis de l’humanité en concevant des systèmes utiles à l’homme dans lesquels on produit nourriture, énergie, matériaux, médicaments, habitat. On travaille avec la gestion de l’eau et sa purification, la séquestration et stockage du carbone, la pollinisation… et cette liste s’élargit à de nombreux autres services éco-systémiques.
Tout ça dans le moins d’espace possible pendant le plus longtemps possible.
Stockage, densité et productivité.

Pour faire tout ça nous avons besoin de déployer une certaine énergie initiale au service du changement, et de s’associer à d’autres espèces, parfois à des écosystèmes entiers, pour atteindre un plus grand degré de résilience.

C’est pourquoi en permaculture, on ne recherche pas à atténuer en quantité ou à supprimer les interventions de l’homme sur la nature, mais plutôt à rendre la présence humaine sur Terre plus régénérative que destructrice. Nous privilégions une approche qualitative.

  • L’humanité est l’espèce vivant sur Terre ayant l’influence la plus forte sur la plupart des écosystèmes, et ce depuis plusieurs milliers d’années. Pendant tout ce temps les humains ont déplacé des plantes et des animaux pour des divers raisons, soit pour la survie, le troc, la vente… La tomate, le maïs, la pomme de terre viennent d’Amérique du Sud, et pour autant, nous sommes ravis de les avoir acclimater et de bénéficier d’une variété alimentaire !

    Notre marché de l’alimentation aujourd’hui est donc le résultat d’une longue histoire de déplacement d’espèces. Lorsqu’on utilise le terme « natif » sur quelle durée s’appuie-t-on pour décider si une espèce est « d’ici » ou « d’ailleurs » ?

  • Rien n’est permanent. Aucune communauté de plantes n’est permanente. Dans un écosystème le changement et la succession sont tout à fait naturels. Pour que ces changements soient positifs pour l’écosystème, il est capital de commencer par une longue phase d’observation : identifier les rôles des espèces, leur fonctions et leur interdépendance pour décider si leur présence doit ou non être encouragée, peu importe leur “ancienneté”.

  • Toutes les espèces ont la capacité sous certaines conditions d’influencer un écosystème jusqu’à un point où elles empiètent sur l’espace vital d’autres espèces. que d’autres espèces sont privées de leur abondance.

    On vit dans un monde en changement permanent. Si la biodiversité est notre objectif, nous devons être capables de déplacer et accompagner l’adaptation des organismes vivants autour du globe. Ceci, bien entendu, suppose une étude approfondie de ces organismes et des nouvelles relations possibles, adaptabilité, impact, etc. Tout ça prenant en compte qu’il faut nourrir 7 milliards des personnes, et honorer tout autre être vivant sur Terre.

 

Chan Sac Balam

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